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Bilan Carbone® Personnel

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Comment les contributions des différents gaz à effet de serre sont-elles agrégées et en quelle unité sont-elles exprimées ?

Evaluer sur une même échelle, afin de pouvoir les comparer, les contributions des différents gaz à effet de serre émis du fait de l'activité humaine, est tout sauf simple. Mais cette analyse est indispensable pour pouvoir élaborer des plans d'action . En effet tant que l'on ne sait pas s'il est préférable d'éviter l'émission de 1 kg de dioxyde de carbone ou de 1 kg de méthane, il est difficile d'établir des priorités, donc de choisir, et en définitive d'agir.

Voici quelques-uns des éléments qui rendent problématiques les comparaisons entre les effets des émissions des différents gaz à effet de serre :

  • Ces gaz, une fois émis, ont une durée de séjour dans l'atmosphère très variable. La durée de séjour du dioxyde de carbone est d'environ un siècle, celle du méthane est d'une dizaine d'années, celle de l'ozone de quelques jours, alors que pour certains gaz industriels cette durée se chiffre en milliers voire en dizaines de milliers d'années. Comparer les effets de ces différents gaz dépend donc évidemment très fortement de la durée que l'on choisit d'adopter pour les mesurer.
  • L'effet engendré par l'émission d'un gaz dépend de façon "non linéaire" de la quantité émise, autrement dit cet effet n'est pas toujours proportionnel à cette quantité. Cela est dû, entre autres raisons complexes, au fait que plus un gaz est présent en quantité importante dans l'atmosphère, plus les longueurs d'onde du rayonnement terrestre qu'il est susceptible d'absorber sont déjà arrêtées par l'atmosphère, et donc moins l'émission d'une quantité supplémentaire de ce gaz a un effet important (il se produit un phénomène de saturation).
  • Pour les mêmes raisons, l'effet engendré par l'émission d'un gaz à effet de serre dépend de la concentration atmosphérique de tous les autres gaz à effet de serre susceptibles d'intercepter les mêmes longueurs d'onde.

Il n'y a donc ni manière unique ni moyen parfait de comparer les émissions. Mais puisque la comparaison est indispensable pour pouvoir agir, des conventions ont été adoptées et des approximations ont été admises, pour aboutir à une échelle commune. La convention principale concerne la durée pendant laquelle la contribution d'un gaz est comptabilisée, que l'on choisit égale à 100 ans. Cette convention étant adoptée, elle permet de définir le "pouvoir radiatif global à 100 ans" (ou PRG à 100 ans) d'un gaz à effet de serre. Ce PRG à 100 ans représente la quantité d'énergie qu'une certaine quantité de gaz émise à une date donnée restituera à la Terre au cours du siècle suivant du fait de l'effet de serre qu'elle induit. Par convention, et puisqu'il s'agit du principal gaz à effet de serre d'origine humaine, l'échelle a été choisie de manière à ce que le PRG du CO2 soit égal à 1.

L'examen des PRG à 100 ans des principaux gaz à effet de serre permet tout de suite de comprendre pourquoi certains gaz industriels engendrent un effet de serre important en dépit de leur faible concentration dans l'atmosphère : le PRG du méthane est égal à 25, et celui de certains gaz industriels (halocarbures) se chiffre en dizaines de milliers.

Cette échelle étant choisie, les estimations des PRG à 100 ans des différents gaz à effet de serre permettent de les comparer, et donc d'exprimer l'effet de serre engendré par l'émission d'un gaz en termes de masse de CO2 engendrant un effet de serre équivalent. Le gramme équivalent CO2 (geqCO2), le kilogramme équivalent CO2 (kgeqCO2), sont donc des unités de mesure de l'"effet de serre". Emettre un kgeqCO2 de méthane, c'est émettre une quantité de méthane dont le pouvoir de réchauffement mesuré sur 100 ans est "équivalent" au pouvoir de réchauffement d'un kg de CO2, émis et mesuré sur la même période.

Enfin, il est encore plus commode d'adopter non pas le kg équivalent CO2, mais le kg équivalent Carbone (kgeqC), qui représente le pouvoir de réchauffement, mesuré sur 100 ans, d'une quantité de CO2 qui "contient" 1 kg d'atomes de Carbone. L'avantage de cette dernière unité est lié au fait que, dans une molécule de CO2 résultant de la combustion d'un hydrocarbure, seul l'atome de Carbone provient de cet hydrocarbure (les deux atomes d'oxygène proviennent de l'oxygène de l'air). Ainsi, la combustion parfaite d'une certaine quantité d'hydrocarbure ("parfaite" signifiant que la combustion ne "manque" pas de CO2, et par conséquent que tout le carbone de l'hydrocarbure se retrouve sous forme de CO2 à l'issue de la combustion) engendre un effet de serre, exprimé en masse équivalent Carbone, exactement égal à la masse de Carbone présente dans la quantité d'hydrocarbure initiale.

Les unités équivalent Carbone - gramme équivalent Carbone (geqC), kilogramme équivalent Carbone (kgeqC), tonne équivalent Carbone (teqC) - sont donc les plus adaptées pour évaluer l'effet de serre engendré par la combustion des hydrocarbures, et pour cette raison, ce sont aussi les plus utilisées pour "mesurer" l'effet de serre engendré par les activités humaines en général.

Un français émet en moyenne 2,2 teqC, soit 2 200 kgeqC (la moyenne mondiale étant d'environ moitié moins). L'unité adoptée pour exprimer le résultat de votre BILAN CARBONE™ Personnel est le kgeqC.

Pour en savoir plus sur les différents gaz à effet de serre, leurs influences respectives sur le climat, et les conventions permettant d'estimer leur PRG respectif, vous pouvez consulter la page consacrée aux gaz à effet de serre du site de Jean-Marc Jancovici sur le réchauffement climatique.

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